Cette épreuve clôt le cours. DEUX parties : un CAS DE SYNTHÈSE type examen (question ouverte, à rédiger) et un QCM GÉNÉRAL couvrant les huit chapitres (en bas de page).

Méthode : traite le cas à l'écrit, sans revenir au cours. Puis fais le QCM. Puis relis les chapitres pour corriger.

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PARTIE 1 — CAS DE SYNTHÈSE (question type examen)
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ÉNONCÉ

HYDRIA est un opérateur public d'infrastructures. Après vingt-deux ans sans avoir construit le moindre ouvrage neuf — son activité s'étant limitée à la maintenance de son parc — il décide de lancer TERRA-1, un ouvrage d'un type nouveau, plus performant et plus sûr que la génération précédente, conçu il y a quinze ans avec un partenaire étranger aujourd'hui retiré du capital.

Éléments du dossier soumis au conseil d'administration :

• Le coût, 2,4 milliards d'euros, a été obtenu par EXTRAPOLATION du coût du dernier ouvrage de la génération précédente, en appliquant un coefficient de taille. Le délai annoncé est de 50 mois. Le dernier ouvrage comparable, tête de série de sa génération, avait été construit en 130 mois.
• Un concurrent vient de remporter un appel d'offres à l'étranger en promettant le même type d'ouvrage en 45 mois : la direction générale estime qu'HYDRIA « ne peut pas afficher moins bien ».
• Le design de base est achevé, mais l'ingénierie de détail est « à peine entamée ». La direction estime que 40 % des études seront faites au démarrage des travaux.
• Le régulateur a publié en 2005 un arrêté dont la doctrine d'application n'est pas encore stabilisée : plusieurs guides d'interprétation sont annoncés « prochainement ».
• L'organisation retenue : la direction des études d'HYDRIA assurera « le pilotage stratégique et opérationnel ». Le futur exploitant sera « associé ». Le pilotage sera confié au directeur de l'ingénierie, qui conservera par ailleurs ses fonctions actuelles.
• Pour éviter de suivre trop d'intervenants, HYDRIA passera 120 contrats au forfait, dont les six plus gros représenteront 75 % du montant, avec maîtrise d'œuvre déléguée aux titulaires.
• Aucune des entreprises pressenties n'a construit d'ouvrage de ce type depuis vingt ans. Le métier de soudeur qualifié est en tension sur le marché.
• Le conseil demande « un tableau de bord permettant un suivi en temps réel de l'avancement ».

TRAVAIL À FAIRE

1. DIAGNOSTIC PRÉVISIONNEL (5 points). En vous appuyant EXCLUSIVEMENT sur les causes identifiées par Folz à Flamanville, listez les risques que porte ce dossier. Pour chacun, nommez la cause correspondante dans le rapport et citez le fait de Flamanville qui l'illustre.

2. L'ESTIMATION (4 points). L'estimation de coût et de délai vous paraît-elle acceptable ? Justifiez en mobilisant : la méthode d'extrapolation, la comparaison avec les têtes de série antérieures, l'influence de l'offre concurrente, et la distinction entre « biais d'optimisme » et « irréalisme ». Quelle méthode d'estimation proposeriez-vous à la place ?

3. GOUVERNANCE (4 points). Réécrivez le schéma de gouvernance de TERRA-1. Qui doit être maître d'ouvrage ? Qui maître d'œuvre ? Quelles caractéristiques doit avoir l'équipe projet, selon les recommandations finales de Folz ? Quel niveau hiérarchique, quelle indépendance, quels outils ?

4. LANCEMENT ET RÉGLEMENTATION (3 points). Faut-il lancer les travaux avec 40 % des études réalisées ? Expliquez, chiffres de Flamanville à l'appui, ce que produit mécaniquement une telle immaturité. Comment traiteriez-vous le risque réglementaire lié à l'arrêté non stabilisé ?

5. INDUSTRIE ET COMPÉTENCES (4 points). Comment sécuriser la filière (entreprises, contrôles, soudeurs) ? Que répondez-vous au conseil sur son « suivi en temps réel » ? Enfin, en vous inspirant des cinq facteurs de réussite de Taishan, énoncez trois décisions concrètes que vous prendriez avant le premier coup de pioche.

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ÉLÉMENTS DE CORRIGÉ (à ne lire qu'après avoir rédigé)
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1. DIAGNOSTIC. Toutes les pathologies de Flamanville sont présentes : (a) ESTIMATION PAR EXTRAPOLATION → à Flamanville, sous-estimation grossière de la différence de taille et surtout de COMPLEXITÉ entre N4 et EPR, avec un surcoût volume/périmètre d'environ 2 300 M€ (+70 %) ; (b) ANCRAGE SUR L'OFFRE CONCURRENTE → les 54 mois calqués sur les 48 mois de l'offre finlandaise, « totalement déconnectés » de l'expérience réelle d'EDF ; (c) ÉTUDES IMMATURES AU LANCEMENT → 4 500 modifications, 8 configurations globales au lieu de 3, de 5 à plus de 20 millions d'heures d'études ; (d) RÉGLEMENTATION NON STABILISÉE → l'arrêté ESPN de 2005, son guide 8 publié en 2009 et révisé en 2012, l'arrêté révisé en 2015 puis codifié en 2018, pendant que les fabrications se poursuivaient ; (e) GOUVERNANCE CONFUSE → maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'œuvre toutes deux dans la direction des études, pas de chef de projet dédié avant 2015, responsables cumulant d'autres fonctions ; (f) CONTRATS AU FORFAIT SUR ÉTUDES FAUSSES ET MAÎTRISE D'ŒUVRE DÉLÉGUÉE → jusqu'à dix avenants, +140 % de tuyauteries dans un contrat, entreprises sans les compétences requises ; (g) PERTE DE COMPÉTENCES → 16 à 24 ans sans chantier, pénurie de soudeurs, contrôles défaillants (consoles déclarées conformes, 80 % de soudures défectueuses sur le couvercle) ; (h) TEMPS RÉEL → confusion entre visibilité et temps réel, alors que ce qui manquait à EDF était la GESTION PRÉVISIONNELLE DES COÛTS À TERMINAISON.

2. ESTIMATION. Inacceptable. L'extrapolation ignore le saut de complexité (à Flamanville : double enceinte avec liner, core-catcher, 4 trains de sûreté, 400 000 t de béton soit 1,8 × le N4, plus de 1 000 salles). Le délai de 50 mois contredit frontalement le seul retour d'expérience disponible : 130 mois pour la tête de série précédente — exactement le rapport Chooz B1 (142 mois) / 54 mois annoncés. S'aligner sur l'offre d'un concurrent qui n'a lui-même jamais construit l'ouvrage relève du même mécanisme qui a fait retenir les 48 mois finlandais. Ce n'est pas un « biais d'optimisme » : c'est de l'irréalisme. Méthode alternative : estimation ascendante (bottom-up) sur études suffisamment avancées, calée sur le RETOUR D'EXPÉRIENCE des têtes de série, avec provisions explicites pour effet TÊTE DE SÉRIE (38 % de la dérive des contrats à Flamanville) et pour aléas, et gestion prévisionnelle du coût à terminaison dès le jour 1.

3. GOUVERNANCE. Maître d'ouvrage = LE FUTUR EXPLOITANT, veillant au respect des prescriptions du régulateur. Maître d'œuvre = une direction de projet responsable de la conduite, distincte de l'ingénierie, faisant appel aux ressources d'études SELON LES BESOINS QU'ELLE DÉFINIT. Équipe projet, selon Folz : PUISSANTE, moyens propres importants, EFFECTIFS PÉRENNES, CLAIREMENT INDÉPENDANTE des entités d'études et d'ingénierie, recourant aux techniques les plus modernes de gestion de projet, sous SUPERVISION HIÉRARCHIQUE DE HAUT NIVEAU. Un directeur de projet À TEMPS PLEIN, sans autre fonction, rattaché au plus haut niveau (N-2 au maximum). Outils à mettre en place AVANT le lancement : ingénierie système, maquette numérique permettant d'apprécier la constructibilité, planning partagé avec les entreprises (logique d'entreprise étendue), gestion prévisionnelle des coûts à terminaison. Et un encadrement LOCAL fort dès que le chantier démarre.

4. LANCEMENT. Non : lancer avec 40 % d'études faites, c'est reproduire Flamanville. Mécaniquement, l'immaturité produit un flux de modifications ingérable (4 500), une instabilité des spécifications « déroutante pour les entreprises », des reprises sur montages déjà réalisés, et une explosion des heures d'ingénierie — dont les DÉLAIS représentent 44 % de la dérive. Il faut retarder le premier coup de pioche jusqu'à une maturité suffisante des études de détail, de sûreté et de qualification. Sur le risque réglementaire : ne pas le subir. Obtenir du régulateur, AVANT lancement, la doctrine d'application et les méthodes de qualification des grosses pièces (le couvercle de cuve a coûté douze ans entre forgeage et épreuve hydraulique) ; intégrer une provision « impacts réglementaires » (12 % de la dérive des contrats, 20 % de celle des études) ; et surtout ne pas laisser un fournisseur gérer seul la relation au régulateur, comme Areva NP l'a fait jusqu'en 2015.

5. INDUSTRIE ET COMPÉTENCES. Reconstituer la filière suppose une VISIBILITÉ : afficher des programmes stables à long terme, seul moyen de donner aux entreprises la confiance nécessaire pour investir et recruter. Plan soudage : formation initiale et entretien des compétences, HYDRIA jouant un rôle d'entraînement. Repenser les contrats : moins de forfaits sur études incertaines, des incitations réelles (et pas seulement des pénalités plafonnées, inopérantes une fois le plafond atteint), une ambition commune plutôt qu'un registre prescriptif. Sur les contrôles : ils ne suffisent pas — c'est une CULTURE DE QUALITÉ qu'il faut, jusqu'au dernier geste du soudeur. Sur le « temps réel » : ce n'est pas le besoin ; le besoin est un coût à terminaison fiable et un planning partagé, pas un tableau de bord instantané.
Trois décisions inspirées de Taishan : (1) installer l'ÉQUIPE PROJET SUR SITE dès l'origine, avec des responsables stables — idéalement ceux qui exploiteront l'ouvrage — et des ressources d'ingénierie sur place, pour accélérer les décisions ; (2) construire DEUX tranches jumelles plutôt qu'une (économies de moyens, retour d'expérience continu, la seconde servant de magasin de pièces pour la première) ; (3) préparer un SITE spacieux et viabilisé, et exploiter le retour d'expérience de tout chantier antérieur comparable — ce qu'EDF n'a pas su faire avec Olkiluoto.

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PARTIE 2 — QCM GÉNÉRAL
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Le questionnaire ci-dessous couvre les huit chapitres. Bonne chance.